Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
28 novembre 2014 5 28 /11 /novembre /2014 16:48

 

mot-clé : avenir de la délégation de service public

 

Objet : Lettre-cace Gestion de l'eau : le secteur public gagne du terrain  

   

http://www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/0203970599990-gestion-de-leau-la-gestion-publique-gagne-du-terrain-1068807.php

 

La remunicipalisation de l’eau est un phénomène global et en plein essor. Plus de 180 villes et collectivités de 35 pays ont repris au privé le contrôle de leurs services d'eau, relève un rapport publié jeudi.

Article(s) associé(s)

·         Suez Environnement perd le contrat d’eau de Lille

·         Lyon et Toulouse, villes jugées les plus attractives par les cadres

·         La Saur se lance dans la high-tech

Au cours des quinze dernières années, plus de 180 villes et collectivités de 35 pays ont repris le contrôle de leurs services d'eau, pointe un rapport publié jeudi par le Transnational Institute (TNI), l’Unité de recherches internationale sur les services publics (PSIRU) et l'Observatoire des multinationales. Ce rapport intitulé "Là pour durer : la remunicipalisation de l’eau, un phénomène global en plein essor" ( lire le document complet ici ) montre comment, malgré plus de trente ans de promotion de la privatisation et des partenariats public-privé (PPP), les élus sont de plus en plus nombreux à reprendre en main la gestion de l'eau.

"L’expérience négative de la gestion privée de l’eau, écrivent les auteurs, a convaincu de plus en plus d’élus que le secteur public est le mieux placé pour fournir un service de qualité aux citoyens et promouvoir le droit humain à l’eau."

C’est en France, patrie des leaders mondiaux de la gestion privée Veolia et Suez environnement ( voir le dernier rapport de la Fp2e ), que le phénomène de retour sous contrôle public de ce service public essentiel, connu sous le nom de "remunicipalisation", est le plus remarquable. L'Hexagone a en effet suscité l'intérêt après que de grandes villes comme Grenoble, Paris (voir la vidéo ci-dessous), Rennes, Nice et récemment Montpellier ont décidé de mettre un terme aux contrats qui les liaient aux délégataires privés.

 


Paris réforme la gestion de l'eau par mairiedeparis

Mais le phénomène ne se limite pas à l'Hexagone. "Il touche aussi bien les pays industrialisés que les pays du Sud. Des métropoles de classe mondiale comme Buenos Aires, Johannesburg, Accra, Berlin, Atlanta et Kuala Lumpur, se sont elles aussi engagées sur ce chemin", note le rapport. Et les raisons pour lesquelles les élus veulent un contrôle public de la gestion de l'eau sont souvent identiques d'un pays à l'autre (voir encadré).

La gestion privée dénoncée  : sous-investissement, flambée des factures...

Les raisons pour lesquelles les élus locaux choisissent de faire revenir le service de l’eau sous contrôle public sont similaires quel que soit le pays. Ces raisons incluent les faibles performances des prestataires, le sous-investissement, la flambée des factures d'eau, le manque de transparence, notamment sur le prix de l'eau ou encore la mauvaise qualité de service. La remunicipalisation tend en revanche à entraîner une amélioration de l'accès et de la qualité de service, "car les ressources financières auparavant détournées sous forme de profits ou au bénéfice des actionnaires sont désormais réinvesties dans le service lui-même", note le rapport.
En avril, la Commission européenne, qui enquêtait sur le secteur de la distribution et du traitement des eaux en France , a conclu au respect des règles de concurrence. 

Un phénomène en pleine accélération

La remunicipalisation est aussi un phénomène en pleine accélération : 81 remunicipalisations ont eu lieu dans des pays à revenus élevés entre 2010 et 2014 ( voir la carte et l'outil de tracking réalisée par le site remunicipalisation.org ), deux fois plus qu'au cours des cinq années précédentes. Au cours de la même période, il n’y a quasiment eu aucun nouveau cas de privatisation de l’eau dans une grande ville du monde.

Un nombre croissant de services publics de l'eau, parfois eux-mêmes issus d’un processus de remunicipalisation, sont là, aux côtés d'autres institutions, pour partager leurs expériences et apporter un soutien pratique", déclare Satoko Kishimoto, co-auteur du rapport. Selon lui, la coopération entre services publics – et non la privatisation - est "le seul moyen efficace pour améliorer la qualité du service de l’eau partout dans le monde et promouvoir le droit humain à l'eau".

Ce constat d’une performance égale ou supérieure des services publics de l’eau par rapport aux gestionnaires privés, avec des prix moins élevés, se retrouve dans des villes aussi différentes que Paris et Almaty (Kazakhstan). Dans certains cas, comme à Grenoble et à Buenos Aires, les nouveaux opérateurs publics ont considérablement augmenté les investissements dans les réseaux d'eau. Certaines municipalités ont également profité de la remunicipalisation pour renforcer la responsabilisation des opérateurs et la participation des citoyens à la gestion du service.

Pas sans risques

Remunicipaliser n'est cependant pas sans risques, le principal étant de coûter cher aux élus "notamment en raison de la pression des bailleurs de fonds internationaux et ou des mécanismes de protection des investisseurs", ajoute le rapport. Ainsi, la ville d'Indianapolis (Etats-Unis) a-t-elle dû indemniser les anciens opérateurs privés pour compenser leur manque à gagner. D'autres, comme Buenos Aires (Argentine) ont été poursuivies devant des tribunaux arbitraux internationaux. Et Berlin (Allemagne) a dû verser des sommes très élevées pour racheter les parts des opérateurs privés.


En savoir plus sur http://www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/0203970599990-gestion-de-leau-la-gestion-publique-gagne-du-terrain-1068807.php?sqLS68lz2aCYws6J.99

Partager cet article

Repost 0
Published by P. Héau
commenter cet article

commentaires